Une semaine de grève au superU de Fonbeauzard (31)
Une semaine de grève au superU de Fonbeauzard (31) - Fédération CGT du Commerce et des Services
La grève a éclatée suite à l'échec des Négociations Annuelles obligatoires (NAO). Forts du soutien de plus de 70% des 54 salariés du supermarché super U de Fonbeauzard, en périphérie de Toulouse, les élus du magasin Xavier VERLHAC (CGT) et Christophe MAGNIER (CFDT) exigent une revalorisation des salaires, la fin des modifications arbitraires des horaires de travail, l'arrêt de la dégradation des conditions de travail, la fin des changements incessants de la stratégie commerciale du directeur. Le plus insupportable, martèle Jonathan, jeune agent de maîtrise, responsable du rayon traiteur et du rayon fromage à la coupe qui s'est installé avec son équipe sur le parking du magasin, c'est le manque de reconnaissance des efforts fournis pour réaliser les objectifs commerciaux imposés par la direction. La direction, représentée par Roger FOVIAUX, directeur du site, et Patrick PYTEL, PDG de la société d'exploitation MEDIS, venu spécialement de Montpellier, refusent toutes avancées sur les revendications. Sous couvert de crise économique, ils ont recours au chantage à l'emploi, menacent de déposer le bilan. Pas question pour eux de partager équitablement les richesses produites, leur seule préoccupation c'est répondre aux exigences de profits de leurs actionnaires, quitte à précariser un peu plus les travailleurs. Réunion après réunion, les négociations échouent ! La situation reste bloquée, la grève est reconduite, le mouvement se durcit. La solidarité se met en place, des militants de l'UD, de l'UL nord de Toulouse, du syndicat du commerce et des services, des retraités viennent soutenir les grévistes, Les médias se déplacent et couvrent le mouvement. Sur le parking, les grévistes s'organisent : camion avec sono qui passe en boucle des chants révolutionnaires de la classe ouvrière, barbecue, le beau temps est revenu, confiscation de caddies, barrage filtrant à l'entrée du parking, défilé dans les rayons du magasin, etc. Samedi 13 avril, au terme d'une dernière négociation, après avoir examiné les quelques avancées sur les salaires et les rythmes de travail (propositions qui restent très éloignées de leurs revendications) les salariés ont décidé de reprendre le travail. Des larmes de rage coulaient dans leurs yeux, de ne pas avoir réussi à faire plier cette direction méprisante, mais des larmes pleines d'espoir éclairaient leurs visages d'avoir su rester tous ensemble, solidaires. Lundi, ils reprendront le travail, fiers d'avoir gagné le respect, d'avoir tenu tête à cette direction autiste. Plus rien ne sera comme avant, ils ont pris conscience qu'unis dans la fraternité, dans la solidarité, dans la lutte, ils seront plus forts pour défendre les acquis sociaux et gagner des droits nouveaux. La direction elle aussi l'a bien compris ! Reste à souhaiter la bienvenue aux salariés qui, à la suite du mouvement, ont rejoint notre organisation syndicale. Jean-Jacques BILLY
Membre de la commission exécutive
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