Travail du dimanche, lettre ouverte à Michel Sapin, Ministre du travail
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Monsieur le Ministre, Notre Fédération vous a interpellé le 13 décembre dernier sur le lobbying opéré par le patronat du commerce pour voir étendre les ouvertures des magasins le dimanche, privant ainsi les salariés d'un repos hebdomadaire commun à tous. Lors de notre entretien avec votre conseiller le 31 janvier 2013, nous avons réitéré notre opposition à une quelconque extension des ouvertures des commerces le dimanche. Vous-même avez déclaré lors d'un entretien au journal le Parisien qu'il « n'était pas question de banaliser le travail du dimanche… », ce que nous a confirmé votre conseiller. Monsieur le Ministre, vous n'êtes pas sans savoir que dans le département de la Seine-Saint-Denis (93), le préfet vient de classer le centre commercial Le Millénaire d'Aubervilliers en PUCE et qu'il s'apprête à faire de même pour 8 autres zones commerciales (c'est-à-dire tout le département !). Ce passage en force par le représentant de l'état sur ce département est intolérable ! Aujourd'hui, nous pouvons mesurer les conséquences de la loi dite Mallié de 2009 censée mettre de l'ordre dans les multitudes de dérogations mais qui se traduit au quotidien pour les salariés du commerce, comme ceux d'autres secteurs, par une dégradation de leurs conditions de vie et de travail. Notre organisation syndicale attire également votre attention sur les récentes déclarations d'Anne HIDALGO, candidate aux élections municipales de Paris, cette dernière se disant prête à réfléchir à l'élargissement des zones touristiques dans la capitale. Le repos dominical commun à une très large majorité de salariés doit rester cet espace de liberté permettant de concilier vie professionnelle et vie familiale. Ce jour de repos est un élément essentiel de cohésion sociale. Vous conviendrez, Monsieur le Ministre, que les ouvertures des commerces le dimanche, ne répondent pas aux véritables besoins des consommateurs et des salariés.
D'autres solutions peuvent être trouvées, notamment par des emplois stables, qualifiés et bien rémunérés.
Sur le plan économique, la relance de la croissance ne peut s'opérer sans une réelle augmentation des salaires. Notre organisation syndicale entend s'opposer fermement à toute extension de dérogations au repos hebdomadaire, et réaffirme que les ouvertures des commerces la nuit ou le dimanche ne répondent à aucun besoin impératif. Au regard de ce que nous venons de développer et de la situation dans différents départements, nous sollicitons une nouvelle rencontre sur ce sujet qui constitue aujourd'hui un enjeu fondamental pour tous les salariés. Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre haute considération. Michèle CHAY
Secrétaire Générale
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